jeudi 24 avril 2014

les partages d'humeur du bout du monde : "On m'a (encore) demandé hier soir.."

© Éva Merlier.
Le temps file comme si rien n'avait d'importance. On m'a (encore) demandé hier soir. Un mois après qu'un(e) illustre inconnu(e) suggère de me faire interner. Les lacs ont des oreilles. Ce que j'avais bien pu vouloir dire avec mon dernier post. J'ai souri. Peut-être juste intérieurement. Je ne me souviens pas bien. Puis le Rosa résonnait bien fort. J'ai répondu que je savais sans savoir. Qu'il n'y avait rien à lire derrière les mots. Rien qui ne se lise derrière le rideau bien qu'il soit fermé. Rien à deviner surtout. Que les mots étaient là. Bien présents. Bien choisis. Bien ancrés par des pixels d'ordinateur. Rien à deviner, donc. Mais beaucoup à comprendre. Ou pas. Qu'il s'agissait juste de savoir si on voulait y comprendre quelque chose. Y'a un mec qui dit que notre nom sera oublié avec le temps, que nul ne se souviendra de nos actions. Que tout se dissoudra. Je pense à la cuvette des toilettes. Moi aussi. Aux lieux qui s'enchevêtrent. Et à la caramélisation. Et je repense à cet instant où, encore une fois, on m'a demandé ce que j'avais bien pu vouloir dire avec mon post de la veille. Je repense à ces gens qui sentent que je parle d'eux. Souvent à tort. Puis parfois à raison. Puis à tous ceux qui ne le soupçonnent même pas une seconde. À tous ces désaccords. Ces malentendus. Ces quiproquos un peu froids. Et les maladresses humaines, relationnelles, corporelles, que mes posts ont bien pu engendrer. Le plaisir aussi. Oui, le plaisir de l'inconnu(e) qui s'approche et te glisse à l'oreille qu'elle/il te lit sans exception, à chaque publication. L'inconnu(e) qui a les yeux un peu baissés à mesure qu'elle/il te parle. La pupille qui se dilate. Et le désir étrange qui naît d'un rien. Parce qu'il est beau. Parce qu'elle est belle. Et qu'il lit tes mots sans te connaître. Le désir qui naît dans la doublure d'une veste en daim noir. Dans la fermeture éclair d'un sac un peu à la mode. Dans le revers d'un pull-over un peu trop beau. De quelques mots que j'ai peut-être mis dans le bon sens. De quelques pensées qui l'ont peut-être touché lui. Touchée elle. La plume qui tourne. Le style qui dort. Le stylo qui mord. Et les doigts qui frappent. Je me voulais pianiste. Fichtre. Aujourd'hui, je suis celle qui ne parvient pas à fermer un blog. Par manque de temps. Et/ou de volonté. Puis par passion aussi. Par passion des problèmes insolubles qui finissent toujours par trouver formule plus irréversible. Passion des têtes qui s'enfoncent dans les murs et finissent toujours par grandir des fissures. Passion des puits sans fond. Aussi. Et tes mots qui s'enfilent comme des colliers de perles blanches. Les perles blanches aux reflets sombres. Ce sont celles que je préfère. Parce qu'elles ont en elle la déviance qui fait trembler la peau. Et les paupières aussi, quand je lis certains mots. Les perles blanches ont défilé, ici. Elles m'ont souvent demandé, un peu comme toi hier. Un peu comme lui la semaine dernière. Ou comme elle, un soir un peu trop humide de septembre dernier. Si je parlais d'elle. Si je parlais d'eux. De lui et de sa nuque un peu tachetée. De ses problèmes de confiance en la vie. Et de ses doigts qui grincent quand elle est heureuse. De son coeur qui saute quand elle se sent mourir. De ses envies de rien. De ses envies à elle, de tout casser. De tout détruire en un crochet. De sa peur face à l'amour. De ses malaises quand elle fait l'amour. De son genoux gauche qui flanche parfois quand il fait moche. De ses angoisses. De ses fantômes à lui. De ses démons à elle. Qui lui apparaissent le matin. Le dimanche aussi. Des coups qu'il a pris. Des coups qu'elle a donnés. De la tendresse que j'avais avec elle. La sécurité que j'ai trouvée dans ses bras à lui. Le temps de fermer les yeux un instant. On me demande souvent. Mais le temps file comme si rien n'avait d'importance. Alors qu'importe mes partitions mal rangées. J'écris sur ceux qui ont compté. Puis ceux qui comptent toujours. Mais rien n'a d'importance. Vraiment. Tout sera oublié. Simplement. Et je ne suis qu'un messager. Je répète juste ce que l'on me chuchote à l'oreille. Alors, chut. J'écoute.

1 commentaire:

  1. En parlant de tout ça.

    "Les mots des uns entraînent les mots des autres. À la lecture de ses quelques enchaînements, qu'elle balance avec maîtrise, rien de particulier si ce n'est cette impression que j'ai déjà ressentie en tombant dans ses mots - un tourbillon qui resserre tout autour de ton coeur.
    Et en ajoutant l'image de mon papier mutilé sous la ligne qu'il m'a inspirée, l'envie abstraite de clapoter quelques pensées. Avec son vent dans le dos."

    (un bout de truc, qui traîne depuis le début de la semaine, dans une zone de texte, pas encore publiée ni effacée)

    RépondreSupprimer